Catharsis

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Catharsis | Fabrice LEROUX | France | 2016 |

La Catharsis (du grec katharsis, purification) consiste ici à écrire ses peurs, comme un exutoire, pour les dépasser, pour les tenir à distance avec humour. Les participants sont invités à écrire les mots qui les « freinent » afin de s’en libérer symboliquement.

Social, thérapeutique, collectif, performance, superposition, accumulation, écriture

VIDEOFORMES 2017 Clermont-Ferrand

Déterminismes

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J’aime beaucoup cet exercice du début de l’année qui me permet de me poser et de voir un peu où j’en suis, cela peut paraître vain certes mais : «l’occasion ne fait-il pas le larron ?»

Il n’est pas question ici de résolutions que nous ne tiendrons pas, mais de s’interroger.

Allez-y joué le jeu : quelles sont vos priorités? Vos rêves? Vos recherches? Qu’avez-vous négligé cette année? Des regrets? Etc….

(A vous de choisir vos interrogations en fonction de qui vous êtes).

Pour moi qui prône le Ici & Maintenant (je ne développerais pas ici, mais vous comprenez certainement ce que je veux dire)

Je me suis donc interrogé sur ma démarche artistique : le mot «vanités» revient souvent quand je tente d’expliciter mes recherches, donner du sens… être au plus juste, trouver sa place.

Le mot : déterminisme est apparu comme une évidence.

Qu’il soit social, horizontal, vertical*, géographique, linguistique ou philosophique.

Il est ici question de notre libre arbitre.

«Entre nécessité et liberté. C’est-à-dire entre cycle et histoire, entre structure et acte, entre ordre et décision, entre mesure et démesure, entre sécurité et risque, entre individu et personne, entre masse et communauté, entre destin et destinée, entre le même et l’autre, entre le milieu et les extrêmes…»

Alors, je nous souhaite de ne pas être réduits à ces déterminismes, de continuer à lutter, de nous dépasser, de briser nos plafonds de verre, de rêver à d’autres destinées, et si tout cela était vain, nous aurons au moins essayé.

“L’homme qui se croit déterminé se masque sa responsabilité”

Jean-Paul Sartre

*Sartre voit dans la psychanalyse freudienne un double déterminisme : le «déterminisme vertical» par la libido et le «déterminisme horizontal» par les circonstances extérieures

Ashes to Ashes

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Ashes to Ashes

 

Parce que cette matière subsiste aux opérations physiques ou chimiques, aux transformations industrielles ou encore après fabrication, le résidu est de moindre valeur. On ne peut en extraire aucun produit, il ne peut prétendre à aucun intérêt. Parce qu’il n’est qu’un reste, il est simplement libre de demeurer là, sans disparaître ni bouger, tout juste bon à se maintenir dans le même état. Ce résidu a priori sans importance, Fabrice Leroux décide de le revaloriser. Participer à sa remise en jeu, découvrir et investir sa matière, transmettre son potentiel symbolique, autant de pistes que les vidéos et photographies de l’artiste explorent dans le but de nous convaincre de son étude, sa résonance, sa présence corporelle. Puisque le résidu subsiste, attardons-nous alors sur lui, semble-t-on nous dire.

Ashes to Ashes s’interroge sur notre rapport à la cendre. Résidu du cadavre après extinction du feu, du corps après que s’y soit éteint le feu de la vie, la cendre n’a pas de valeur, si ce n’est l’évocation symbolique de la mort.

De ce rappel macabre du caractère précaire de l’existence, Fabrice Leroux y associe le symbole de l’éternel retour, où l’usage de la cendre dans les rituels est propice aux résurrections diverses et variées (disposée en croix sur les moribonds pour alterner mort et vie dans les monastères chrétiens, héros jumeaux transformés en cendre avant de ressusciter chez les Maya-Quiché, répartie au sommet d’une montagne pour appeler la pluie chez les Muisca de Colombie, etc…) « Sans peur ni fatalité », il s’agit donc de réactiver le vivant par la cendre, en attribuant au résidu une valeur positive, et d’en extraire par-là les potentiels dynamiques.

La vidéo s’ouvre sur un sol recouvert de cendres. Au loin, dans la pénombre du lieu désaffecté surgit une colonne de lumière, plus proche de la meurtrière que de la fenêtre. Dans l’air, la poussière, légère. Puis, debout face à la lumière, Cedranna commence sa danse. Toute en spontanéité et liberté, elle multiplie les tâtonnements de matière, de l’environnement, de son propre corps, tout comme elle expérimente divers lancers de ce projectile poudreux auquel sa chair se mêle. Entre ses mains, ce sont des grains qui s’écoulent par terre, quand elle ne retourne pas à leur rencontre. Sans doute parce que pour Cedranna, cette danse est propice au jeu, où elle transforme progressivement ses envies de faire avec la matière en performance, où la cendre propulsée s’apparente soudainement à une arme, puis la seconde d’après à un sablier, ou encore une terre sèche à labourer.

A mieux observer le montage, Ashes to Ashes est affaire de répétition, d’allers et retours, où par opérations transversales la lumière se déplace au même titre que la danseuse et la matière, où l’action se reproduit indéfiniment, comme pour appuyer le caractère cyclique des éléments mis en scène. Fabrice Leroux cultive l’image sérielle tout comme Cedranna réactive ses rituels. Et quand le geste cesse, c’est la séquence que l’on rembobine, pour faire remonter au ciel la cendre.

Mathieu Lelièvre
(Critique d’Art)
http://lelievremathieu-com.webnode.fr/

120g de différence

« Time lapse » durée 54 secondes. Format hdv 1920*1080.

Réalisation, photographies, montage et musique : Fabrice Leroux.

Coiffure : Cedranna. Juin 2011

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Comment 120g peuvent changer votre regard sur quelqu’un?

Dans un monde ou l’apparence prime.

L’habit fait-il le moine ?

Quand 120g de cheveux peuvent faire passer de Jésus au GI en passant par un bouddhiste, ou un membre d’un cartel de la drogue.

Au-delà des apparences que reste-il ?

Réalisé à un moment clé de ma vie, le jour de mes quarante ans, assisté de celle pour qui j’ai quitté Paris.

Je change aussi de média, adieu le comédien, l’artiste évolue. Il est temps après l’illusion de la scène de se regarder en face et en toute humilité voir se qui va se produire.

Alors quelle part de travail psychologique dans cet exercice ? Une forme cathartique d’acceptation de soi ?

Bien entendu j’ai pensé aux autoportraits d’Erwin Olaf, notamment à la fameuse trilogie : « I wish » « I am » & « I will be »
Mais ici au contraire de Cindy Sherman pas de mise en scène, pas de théâtralisation. La simplicité, l’épure, une mise en forme presque clinique, qui se joue de l’aspect premier un peu « gaguesque » de la première lecture, comme un indice sur d’autres degrés de lecture.

120 g de différence c’est le poids de cheveux qui sont partis dans cette aventure. Je m’attendais à plus !

La symbolique des cheveux est forte dans toutes les civilisations. Ils ont souvent un rapport avec l’intimité, la séduction, la pudeur et la sexualité à travers la tricophilie (ou fétichisme des cheveux), la relation à l’autre à travers la chevelure (peigner, épouiller, couper) étant une marque d’affection.

Les longs cheveux étaient le privilège des nobles quand le peuple commençait à se couper les cheveux.
Symbole de force, de virilité, chez l’homme : l’exemple le plus célèbre demeure certainement celui de Samson. « Si j’étais rasé, ma force m’abandonnerait, je deviendrais faible, et je serais comme tout autre homme. » La Bible – Juges 16.

La tonte des cheveux, comme une humiliation ?

À la Libération, les femmes accusées d’avoir entretenu des liaisons avec des soldats ennemis étaient parfois tondues.
Pourtant ce sacrifice peut être volontaire comme symbole de deuil ou dans un contexte religieux : les moines bouddhistes se rasent la tête en signe d’humilité. Dans la Grèce antique, une coutume répandue voulait que les jeunes filles coupent leurs cheveux longs en offrande à Artémis le jour de leur mariage. Comme la coupe de cheveux ne modifie pas la forme du crâne, on peut aussi y voir un retour à la forme originelle sans artifice, sans volonté de séduction.